Après des années d’efforts plus ou moins déterminés, la Serbie est en passe de tourner définitivement la page sinon des guerres de Yougoslavie, du moins de leurs conséquences judiciaires. Après l’arrestation en mai de Ratko Mladic, l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, les autorités serbes ont cette fois arrêté et transféré vers le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) Goran Hadzic, l’ancien président de la République serbe de Krajina, une éphémère entité politique autoproclamée située en Croatie. Hadzic, qui est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en lien avec les déportations et violences commises envers la population non-serbe de la Krajina, était aussi le dernier fugitif parmi les 161 personnes mises en accusation par le tribunal de La Haye.
Il est certes encore un peu tôt pour dire que la Serbie clôture ainsi définitivement son histoire lourdement chargée avec le TPIY, qui aura notamment été marquée par la mort en prison (et avant jugement) de l’ancien président Slobodan Milosevic ainsi que par les longues cavales, de Radovan Karadzic et de Ratko Mladic, souvent expliquées par l’inaction, voire la complicité de Belgrade. Le procureur du TPIY a en effet précisé peu après le transfert de Hadzic que Belgrade, pour coopérer parfaitement avec le tribunal, devrait encore offrir une meilleure transparence de ses archives de guerre et garantir un meilleur accès à d’éventuels témoins.
L’arrestation de Hadzic renforce cependant l’espoir qu’un chapitre long de 16 ans est sur le point de se conclure – et qu’un nouveau, non moins important, est sur le point de s’ouvrir : celui de l’adhésion à l’Union européenne, dont la coopération pleine et entière avec le TPIY était une des conditions. L’arrestation de Goran Hadzic, même si certains affirment que le timing était planifiée par Belgrade pour soutenir ses intérêts, devrait renforcer la position de la Serbie, qui souhaite se voir attribuer le statut de candidat d’ici à la fin de l’année. Réponse en décembre.