La triste nouvelle de cette semaine est bien entendu le double attentat qui a coûté la vie à 76 personnes (on parlait initialement de plus de 90) en Norvège vendredi 22 juillet, lors d’une explosion dans le quartier gouvernemental d’Oslo et d’une fusillade dans un rassemblement de jeunes du parti travailliste norvégien (le parti au pouvoir) sur l’île d’Utoya. Le principal suspect, Anders Behring Breivik, un Norvégien de 32 ans, a déjà reconnu les deux attaques, sans toutefois accepter de plaider coupable. Lors de son audition devant la justice, celui que la police présente comme un « fondamentaliste chrétien » a affirmé vouloir éveiller la Norvège, et même la protéger, face aux risques que représentent l’Islam et le marxisme. Des thèses extrémistes conformes à plusieurs documents qu’il avait publiés sur internet, notamment un mémoire de 1500 pages, ce qui indiquerait que le crime était planifié de longue date.
Alors que la police norvégienne tente d’établir si le suspect a agit seul ou à l’aide de complices (il aurait évoqué deux autres « cellules » terroristes dans son audition de lundi), les hommages aux victimes se multiplient en Norvège comme dans le reste du continent, notamment dans les autres pays scandinaves. Face au choc et à l’énorme émotion qui a saisi le pays, le premier ministre Jens Stoltenberg a déclaré que le pays était confronté à « son plus grand drame depuis la seconde guerre mondiale », et qu’il y aurait un « avant et un après 22 juillet ». Pour ce pays d’ordinaire si paisible, et souvent considéré par les Européens comme l’un des derniers paradis du continent, c’est un ensemble de valeurs fondamentales, et notamment le multiculturalisme et la tolérance, qui s’est trouvé frappé en plein coeur. Un fait divers terrible qui devrait donc entraîner de nombreuses réflexions dans le reste des sociétés européennes.