Le 25 mars, Catherine Ashton a présenté aux dirigeants européens trois propositions législatives pour créer le Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE) :
la modification du règlement financier
le statut du personnel de service
la structure et le fonctionnement du SEAE.
Cette dernière, la plus politique et la plus controversée, a rencontré l’appui de la Commission et du Conseil, mais doit encore être discutée par le Parlement européen, qui s’y oppose fortement. Dans un communiqué commun, Elmar Brok (PPE), Guy Verhofstadt (ADLE), Hannes Swoboda (S&D) et Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE) ont qualifié la proposition de Mme Ashton, d’« inacceptable ». Les quatre principaux groupes parlementaires ont rappelé leurs exigences : responsabilité budgétaire et politique du SEAE devant le Parlement européen, intégration de la politique de développement dans le service, représentants politiques pour la Haute Représentation et non Secrétaire Général (sur le modèle britannique et français).
De plus, la proposition de Catherine Ashton sépare clairement le rôle de la Commission et du SEAE : à la première, la mise en oeuvre des programmes, au second la responsabilité des questions stratégiques (allocation financière par région et par pays, positions politiques, programmes nationaux et régionaux). Dans la proposition de la Haute Représentante, les délégations extérieures de la Commission seront pilotées par des « chefs de délégation » et pourront venir en aide aux services des diplomaties des différents États membres. Toutefois, la proposition reste silencieuse sur le nombre de diplomates mais insiste sur l’équilibre géographique et sur la parité.
La bataille sur le SEAE ne fait que commencer et, vu les divergences de vues entre le Parlement et la Commission, elle promet d’être épique !
Crédit Photo : Commission européenne