Alors qu’ils devaient être les sujets centraux du sommet européen extraordinaire du 11 mars, le « pacte de compétitivité » proposé par l’Allemagne et le traitement de la dette souveraine des Etats européens se sont retrouvés relégués au second plan par la crise libyenne. Si, sur ce premier sujet, la déception est de mise (voir notre article de vendredi et par ailleurs), le second a vu quelques avancées, même si elles peuvent paraître plus limitées qu’il n’y paraît. Les 27 ont ainsi trouvé un accord de principe sur l’idée d’un « pacte pour l’euro » devant garantir une plus grande convergence économique par l’intermédiaire de mesures comme la limitation des hausses de salaires aux gains de productivité, l’alignement de l’âge de départ à la retraite sur l’espérance de vie ou encore une plus grande coordination fiscale.
Autant de principes qui ont permis aux Etats garants de la zone euro, au premier rang desquels l’Allemagne, d’accepter un renforcement du fond de stabilité financière. Celui-ci passe de 250 à 440 milliards d’euros afin de prendre en charge d’éventuels défauts supplémentaires, en particulier du Portugal, qui a récemment annoncé de nouvelles mesures d’austérité. Les Etats ont également accepté d’abaisser les taux d’intérêts portant sur les prêts délivrés à la Grèce et de lui donner plus de temps pour rembourser sa dette (une restructuration qui ne dit pas son nom), alors que le gouvernement vient d’annoncer que le pays avait connu une récession de 4,5% en 2010. Ces faveurs n’ont cependant pas été accordées à l’Irlande, le nouveau premier ministre Enda Kenny ayant refusé de revoir à la hausse le taux d’imposition sur les entreprises, qui n’est que de 12,5%.
A peine né, le « pacte pour l’euro » n’en est pas moins critiqué : en Allemagne d’une part, où l’on souligne qu’il ne s’agit que d’un accord de principe et que les mesures seront mises en place de manière volontaire, sans qu’aucun mécanisme contraignant n’ait été prévu jusqu’à présent ; par le Parlement européen ensuite, qui dénonce les accords entre Etats dont il se sent exclu (le Belge Guy Verhofstadt a ainsi proposé un pacte alternatif) ; et par de nombreux syndicats ensuite, qui s’insurgent de ce que l’UE puisse s’immiscer dans les affaires sociales, d’autant plus quand ceci s’apparente à une course à l’austérité…


Newsletter
Euros du Village
Gli Euros
Die Euros
The Euros
Los Euros
Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire