Désormais la question se pose : quel sera l’interlocuteur des partenaires européens de l’Allemagne ? La position allemande pourra-t-elle être visible et cohérente et contribuer à faire sortir l’UE de la zone de turbulences dans laquelle elle se trouve ?
En effet, grande coalition oblige, le ministère des affaires étrangères sera laissé à un membre du SPD. Il est difficile de dire quelle ligne il défendra au Conseil de l’UE face ces collègues européens : celle du SPD ? Celle de son prédécesseur Joschka Fischer ? Ou celle de la CDU ?
D’autres ministres auront vraisemblablement des compétences européennes. On pense notamment à M. Edmund Stoiber (membre de la CSU) qui sera en charge de l’économie. Alors que A. Merkel était plutôt favorable à la proposition des Britanniques de réformer le budget de l’UE et de réduire le poste consacré à l’agriculture, M. Stoiber pourrait peut être s’opposer à une réforme trop radicale de la PAC qui irait à l’encontre des intérêts des agriculteurs de son fief de Bavière. De même sur les questions de la dérégulation des services et de simplification de la réglementation, malgré la proximité idéologique entre les propositions de la Commission et le programme de la CDU, il sera sûrement difficile pour le gouvernement allemand de trouver une position acceptable par les deux partis.
L’Allemagne a souvent été une force d’équilibre et d’apaisement dans le jeu européen. Elle a toujours représenté un partenaire important pour forger des coalitions en Europe afin de faire avancer telle ou telle proposition. Aujourd’hui cette force semble se dissiper. Pour combien de temps ?


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