Ainsi s’exprime Werner Faymann, chancelier autrichien, à propos de la candidature de Tony Blair au poste de futur Président du Conseil. Ce faisant, le chef du parti social-démocrate autrichien (SPÖ) rejoint les préoccupations de la Belgique, des Pays Bas et du Luxembourg, qui avaient été publiquement exprimées par l’ancien commissaire européen belge Etienne Davignon : la critique ne porte pas seulement sur l’origine britannique de Tony Blair (un Etat membre disposant d’un statut particulier puisque n’appliquant pas toutes les politiques de l’UE) mais aussi sur ses positions politiques passées. Faymann, on s’en doute bien, critique ici autant l’engagement britannique en Irak que l’orientation libérale du gouvernement travailliste. Alors que certains considéraient la nomination de M. Blair comme acquise, il semble bien que ce soit loin d’être le cas, avec la montée d’une opposition menée par les sociaux-démocrates et les petits pays. Pour certains observateurs, la déclaration du chancelier autrichien va même dans l’intérêt d’Angela Merkel. Cette dernière souhaite en effet, à l’instar des petits pays, un président du Conseil réduit à un rôle d’arbitre et de coordonnateur entre les différents chefs d’Etat et de gouvernement européens. Même si la chancelière allemande ne s’est pas publiquement exprimée sur le sujet, il semble donc que Tony Blair, personnage médiatique et autoritaire, ne figure pas parmi les favoris de Berlin. Une vision qui tranche avec celle de l’Elysée, qui privilégie l’option d’un président du Conseil européen fort, détenteur d’une véritable autorité politique qui lui permette de parler d’égal à égal avec les dirigeants des grands pays de la planète.
Voir notre « dossier spécial Traité de Lisbonne »
(Photo : World Economic Forum, flickr.com)


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