« Au nom de l’Europe » - Le Service Européen pour l’Action Extérieure à l’heure d’un premier bilan

Un documentaire exclusif d’Euros du Village

Créé en 2010-2011, à la suite de l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le service diplomatique de l’Union européenne, connu sous le nom de Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE), a connu une entrée en matière pour le moins mouvementée. Alors que les secousses qui traversent le monde arabe mettent régulièrement en exergue des divergences diplomatiques flagrantes entre pays européens, nous avons voulu tirer notre propre bilan de l’action du SEAE et de la femme qui se trouve à sa tête, Catherine Asthon. Avec l’aide de l’Université Libre de Bruxelles, nous avons pu interroger un grand nombre d’experts et de dirigeants issus aussi bien des institutions européennes que des diplomaties nationales. En résulte ce documentaire, qui se propose de mieux comprendre qui parle aujourd’hui, ou pourrait parler un jour, au nom de l’Europe.


L'examen du SEAE, ou "EEAS review"

Moins de trois ans après ses débuts (il n’est réellement devenu opérationnel qu’en janvier 2011), le SEAE est déjà soumis à son premier examen de passage. La « EEAS review », comme on l’appelle dans le jargon des institutions bruxelloises, a pour but de formuler des propositions visant à améliorer le fonctionnement du service, en particulier en ce qui concerne sa structure administrative et son articulation avec les autres institutions européennes, notamment la Commission. Tandis que Catherine Ashton devrait remettre ses recommandations dans le courant de l’été, le Parlement européen a lui déjà publié les conclusions de son propre examen, dans un rapport adopté le 13 juin dernier. Dans ce rapport, les eurodéputés suggèrent notamment de renforcer le rôle du Haut Représentant en tant que vice-président de la Commission européenne, afin de promouvoir une meilleure coordination entre les deux institutions ; de créer un certain nombre de postes de Haut Représentant Adjoint, qui soutiendraient le travail du Haut Représentant dans des domaines précis tout en ayant une responsabilité politique devant le Parlement européen ; et de renforcer les capacités des délégations européennes dans les pays tiers, notamment grâce à un meilleur recrutement.

Alors même que l’Union européenne, plongée dans la crise la plus grave de son existence, s’interroge sur son avenir et sa place dans les grands équilibres mondiaux, elle est confrontée au défi majeur d’un monde arabo-musulman qui s’embrase dans son voisinage immédiat. Mais quelle est donc la position européenne sur le récent coup d’Etat militaire en Egypte, ou sur le conflit syrien et la livraison d’armes aux forces rebelles ? Difficile à dire, car la réponse est au mieux complexe, au pire inexistante. La diplomatie européenne, ce n’est un secret pour personne, continue d’être dominée par des gouvernements nationaux aux vues souvent divergentes.


Au nom de l’Europe par Euros_du_Village

Un embryon de politique étrangère européenne existe pourtant depuis plusieurs années, en particulier depuis la création d’un poste de Haut Représentant pour les Affaires Etrangères (occupé par la Britannique Catherine Ashton), assisté d’un tout nouveau service diplomatique commun, le Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE). Si ces structures n’ont pas pour but de remplacer les diplomaties nationales, elles sont censées améliorer leur coordination et leur cohérence, que ce soit en termes de grandes lignes politiques ou sur le terrain, notamment grâce aux délégations gérées par le SEAE dans plus de 140 pays tiers. L’objectif étant, à terme, de permettre l’émergence progressive d’une « voix » européenne sur la scène internationale.

A peine trois ans après la création du nouveau service, les institutions européennes s’apprêtent déjà à en tirer un premier bilan. Si leurs conclusions finales ne seront probablement connues qu’après l’été, pour la plupart des observateurs, ce bilan apparaît déjà comme très mitigé. Dès son entrée en fonction, de nombreuses critiques se sont en effet exprimées à l’égard du travail de Catherine Ashton, régulièrement dans la ligne de mire des médias pour sa prétendue incompétence et sa passivité.

Mais, la relative inexpérience de Mme Ashton en matière de politique étrangère mise à part, était-il possible de faire beaucoup mieux ? Les soutiens de la Haute Représentante mettent en avant les difficultés qu’il y avait à mener de front la mise en place d’une structure administrative complexe et la conduite d’une politique étrangère active. Au-delà se pose la question plus fondamentale de la possibilité pour le Haut Représentant de mener une politique étrangère autonome alors que les Etats européens continuent de préserver jalousement leurs prérogatives et spécificités nationales en la matière, et que ceci n’est, selon toute probabilité, pas près de changer. En somme, malgré tous les bénéfices théoriques qu’apporte une diplomatie européenne commune, dans quelle mesure cet objectif est-il vraiment atteignable à l’heure actuelle ? Et la structure du SEAE, si elle permet sans doute une meilleure coordination des actions sur le terrain, n’est-elle pas condamnée à rester une coquille vide lorsqu’il s’agit de fixer des orientations politiques ?   C’est à ces questions que nous avons tenté de répondre en interrogeant un certain nombre d’experts et de décideurs issus à la fois du Parlement européen que du SEAE et des diplomaties nationales, afin de mieux comprendre qui parle aujourd’hui, ou pourrait parler un jour, « au nom de l’Europe ».


Un grand nombre des entretiens de ce documentaire ont été conduits dans le cadre de la conférence « The European Union external action in times of crisis and change », organisée selon le modèle « Agora » par l’Université Libre de Bruxelles et d’autres instituts de recherche européens, le 28 février 2013 à Bruxelles. Nous adressons nos sincères remerciements aux organisateurs.


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Antoine Bourdarias

C’est lors d’un stage aux Euros du Village qu’Antoine a écrit ses premiers papiers. Désormais diplômé de l’Ecole de Journalisme de Marseille, il a décidé de se lancer dans la télé. Et plus précisément derrière la caméra. D’abord journaliste reporter (...)

Arthur Deshayes

Diplômé de l’école de Journalisme de Marseille après une licence d’histoire à Rouen, Arthur est journaliste télé. Un média qui le botte bien, lui qui aime l’image et l’écriture. Tenté par le métier de JRI (journaliste reporter d’image) c’est en tant que (...)

Benoît ROUSSEL

Directeur des rédactions, rédacteur en chef de la version francophone

Fervent patriote bordelais, fan de ciné, de tennis et de foot, Benoît a fait ses études dans le cadre de la filière intégrée en sciences sociales entre l’IEP de Bordeaux et l’Université de Stuttgart, qu’il a complété par un master en politique et (...)
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