Cette phrase du président serbe Boris Tadic, prononcée dans son allocution annonçant l’arrestation de Radko Mladic (photo) jeudi 26 mai, résume bien l’importance de l’évènement : l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, soupçonné d’avoir notamment organisé le massacre de Srebrenica, était l’un des derniers Serbes recherchés par la justice internationale pour les crimes commis pendant les guerres d’ex-Yougoslavie ; et il était aussi, le principal obstacle sur la route de l’ouverture de négociations en vue de l’adhésion de la Serbie à l’Union européenne, requise officiellement par Belgrade en décembre 2009.
L’arrestation de Mladic, qui devrait être transféré au tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie de La Haye en début de semaine, survient d’ailleurs à un moment particulièrement opportun : quelques jours après une visite du président de la Commission européenne, alors que les relations entre l’UE et les pays des Balkans occidentaux ne sont pas au beau fixe (l’UE a même menacé de réintroduire la procédure de visa suspendu en 2009), et à quelques mois d’une révision de la candidature serbe, prévue pour le mois d’octobre. Ceci fait d’ailleurs dire à certains observateurs que la date de l’arrestation de Mladic était planifiée, et confirmerait que Belgrade était loin d’avoir fait de son mieux avant ce jour là…
Qu’à cela ne tienne, l’arrestation de Mladic constitue sans conteste un pas important vers le dépassement définitif des incompréhensions et rancœurs entre la Serbie et ses voisins européens. Mais elle ne signifie pas non plus que le processus qui devrait mener à l’adhésion sera une simple formalité : plusieurs autres questions épineuses doivent encore être réglées, qu’elles soient liées à des réformes internes exigées par l’UE ou au statut du Kosovo, une autre conséquence de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie.


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