Chypre sera-t-il le prochain Etat à devoir faire appel à la solidarité européenne pour pouvoir financer sa dette ? C’est en tout cas une éventualité envisagée sérieusement par le gouverneur de la banque centrale du pays, dans une lettre adressée la semaine dernière au président Christofias. Il y décrit l’économie chypriote comme étant « en état d’urgence », la comparant à la situation ayant précédé la partition de l’île en 1974.
Les difficultés de Chypre sont d’une part liées aux déboires de la Grèce, à laquelle son économie est étroitement liée, mais elles s’expliquent également par un accident survenu le 11 dernier : l’explosion d’un dépôt d’armes (confisquées à l’Iran), qui a fait 13 morts dont le chef de la marine chypriote et a gravement endommagé la principale centrale électrique du pays, qui produisait 60% du courant de l’île. On estime que les travaux de réparation pourraient durer plusieurs mois et coûter plus d’un milliard d’euros, ce pourquoi le pays pourrait faire appel à l’aide financière de l’UE.
L’accident a également eu des conséquences politiques, puisqu’il a entraîné la démission des ministres de la défense et des affaires étrangères, accusés de ne pas avoir réagi aux mises en gardes sur le manque de sécurité du dépôt de munitions. Mais pourquoi ne pas espérer que l’accident ait également des conséquences politiques plus profondes, et positives ? En effet, Chypre a annoncé vouloir importer de l’électricité de la partie nord (turcophone) de l’île, ce qui pourrait être de bon augure alors que les efforts internationaux en vue de la réunification de l’île regagnent en intensité.


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