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DOCUMENTAIRE : Le Français à Bruxelles, un déclin inéluctable ?

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Alors que la pratique du français décline à Bruxelles, et que l’anglais semble s’impose comme la langue dominante des institutions européennes, de plus en plus de voix s’élèvent, dans le monde francophone mais aussi ailleurs, pour dénoncer la mort du « multilinguisme à l’européenne ». Quelle est la réalité des faits, quelles sont les causes et les conséquences de ce déclin ? Pour tenter d’y répondre, nous sommes allés enquêter sur le terrain, au sein des institutions européennes. Un documentaire exclusif d’Euros du Village, réalisé avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Alors que le français a longtemps été la langue privilégiée des institutions européennes, sa pratique connaît depuis une quinzaine d’années un déclin régulier, et ce en particulier au sein de la Commission, où la quasi-totalité des projets législatifs sont désormais rédigés en anglais. Un anglais qui, lui, semble justement s’imposer de plus en plus comme l’idiome dominant, voire unique, de la construction européenne.

Comme en témoigne la fréquence croissante des articles qui lui sont consacrés dans la presse et la blogosphère européenne (d’accord, principalement francophone), le sujet fait de plus en plus de vagues et soulève de nombreuses questions :

- Quelles sont les causes du déclin de l’usage du français dans les institutions européennes, entre élargissement, mondialisation et perte d’’influence de la France ?

- Ce déclin est-il inéluctable, ou s’agit-il seulement d’un rééquilibrage ? Est-il généralisé, ou faut-il distinguer entre les différentes institutions, entre pratique écrite et pratique orale ?

- Faut-il s’inquiéter d’une « anglicisation » de l’Union européenne, au nom de la défense de la diversité culturelle, voire des implications politiques que cela pourrait avoir à l’heure où le libéralisme anglo-saxon est remis en cause ? Ou la défense du multilinguisme est-elle un combat d’arrière garde, contraire à un fonctionnement efficace des institutions et représentatif d’une certaine « arrogance française » ?

Afin d’y voir plus clair, les Euros ont donc enquêté auprès des acteurs qui font vivre les institutions bruxelloises, comme Leonard Orban, ancien Commissaire européen en charge du multilinguisme, Philippe Etienne, représentant permanent de la France auprès de l’Union européenne, Saïd El Khadraoui, député européen belge néerlandophone, ou encore Karl-Johan Lönnroth, directeur du service de traduction de la Commission.

Une enquête que nous vous proposons de déguster sans modération afin de vous faire votre propre opinion sur ce débat particulièrement complexe, mais essentiel. Enjoy !


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Krokodilo
14 février 2010
02:05
DOCUMENTAIRE : Le Français à Bruxelles, un déclin inéluctable ?

Bravo pour votre enquête. Ca tombe d’ailleurs bien avec les JO, où, là aussi, le français a fortement décliné, malgré sa position de langue officielle.

J’ai lu sur Presseurop que le Commissariat au plurilinguisme était supprimé, avez-vous des infos là-dessus ? Cela aurait au moins le mérite de mettre fin à l’hypocrisie !

A mon avis, il manque à votre reportage quelques questions plus précises, plus incisives, comme par exemple : pourquoi le programme Erasmus mundus ne subventionne-t-il pratiquement que des cursus en anglais, pourquoi l’UE, dans ses relations extérieures, n’utilise-t-elle que l’anglais (à l’exclusion de quelques zones d’influence française) ? L’anglicisation de l’enseignement supérieur n’est-elle pas inscrite en filigrane dans le processus de Bologne ? Divers intervenants font remarquer que le problème ce sont les réunions préparatoires, informelles, où il est impossible d’avoir toujours des interprètes et où une langue commune s’impose. C’est oublier l’ensemble des organisations européennes de coopération ; le domaine juridique est le seul cité, car c’est le seul où le français survit, mais dans tous les autres, c’est l’anglais qui est devenu la langue de l’UE : armée, police, santé, recherche, spatial, etc. Je trouve la conclusion exagérément optimiste, qui insiste sur la situation particulière du français dans l’UE, privilégiée comprend-t-on, alors que la Commission des transports vient de discuter une nouvelle fois de faire de l’anglais la langue de toutes les activités portuaires... Mais votre reportage montre clairement qu’il n’y a jamais eu de réflexion globale sur la communication dans l’Europe, au Parlement aussi bien qu’entre Européens. Une vraie volonté de respecter les peuples aurait pu aboutir à un partage des domaines entre les langues - négociations délicates, évidemment... Tout s’est joué selon le rapport de forces, et c’est l’anglais qui a gagné – pour l’instant. Dommage de privilégier la guerre des langues au détriment du débat et de la réflexion.

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Aodhanc
21 février 2010
21:54
DOCUMENTAIRE : Le Français à Bruxelles, un déclin inéluctable ?

Je suis irlandais (et donc anglophone), mais je suis tout a fait contre l’uniliguisme qui devient de rigueur dans les institutions de l’Union Européenne.

Bien sur, c’est évident qu’on ne peut pas utiliser les 23 langues officielles dans le travail quotidien de ces instituions, mais il faut garder la multi-linguisme en place et respecter la diversité de ce continent en utilisant (sur un pied d’égalité) les trois langues principales de l’Europe, c’est a dire le français, l’allemand et l’anglais.

L’allemand compte 95 millions locuteurs de langue maternelle en Europe, comment peut-on ignorer cette population ? L’Allemagne est le pays le plus grand et le plus puissant économiquement en Europe ? Sans oublier l’Autriche et la Suisse aussi.

Les germanophones ne devraient pas supporter cette uniliguisme anglaise, et les francophones non plus. Il faut se battre.

Nous ne voulons pas être comme les États-Unis.

Audrey T
2 mars 2010
22:34
DOCUMENTAIRE : Le Français à Bruxelles, un déclin inéluctable ?

Très bon commentaire de Aodhanc (ci-dessus).

En tout cas, un très grand bravo pour votre reportage-documentaire.

Il est d’une qualité indéniable.

On ne peut qu’apprécier votre volonté de recueillir plusieurs points de vue.

De mon point de vue, les Institutions Européennes doivent tendre vers le plurilinguisme (plusieurs langues sont maîtrisées par les différents citoyens européens, ce qui favorise l’échange, la découverte de la culture de l’autre) et non le multilinguisme (où beaucoup de langues existent et ont droit de Cité... mais, recroquevillées sur elles-mêmes, peu vont à la rencontre les unes des autres...).

- Audrey

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Dominik
7 mars 2010
18:59
DOCUMENTAIRE : Le Français à Bruxelles, un déclin inéluctable ?

Un beau petit film. Mais quel sujet franco-français ! Surtout le mélange (fait par quelques intervenants dans ce film et pas par ses auteurs) de la défense du français avec l’assurance du plurilinguisme et le niveau de l’anglais effectivement parlé dans les organisations internationales m’agace, à chaque fois. Ce sont trios questions bien distinctes.

L’importance du français aujourd’hui est réduite à un niveau plus réaliste. C’est n’est plus la lange de la diplomatie aristocrate d’autrefois. En fait, l’échec du plurilinguisme est aussi dû à l’incapacité des francophones d’utiliser d’autres langues à coté du français à un moment ou le français dominait. Prétendre que la défense du français s’inscrit dans la même ligne que celle d’éviter la dominance d’une autre langue dans ce contexte me semble une contradiction. Ce n’est que la substitution d’une langue dominante par une autre. Dans ce contexte il était très intéressant d’entendre que le statut du français à la CJCE est dû à la supériorité du langage juridique français. J’ai des doutes que ce point de vue est partagé en dehors de l’hexagone. L’usage vient avec l’importance pratique. Si le français doit continuer comme langue importante, peut être la France devrait de nouveau jouer un rôle plus important eu Europe !

Bien sûr je me demande comment ont peut assurer une certain égalité entre les peuples qui participent dans l’Union européenne. Les négociateurs de langue maternel sont toujours favorisés. Moi, par exemple, je préfère discuter avec un Français en anglais et un Anglais en français pour être sur un pied d’égalité. Mais malheureusement ceux qui sont plus flexible dans l’apprentissage d’autres langues sont toujours pénalisés. Ceci fait parti de l’évolution de l’usage des langues, vu que les langues que nous parlons aujourd’hui en Europe ont déjà toutes supprimés d’autres langues. Se battre contre ce reflexe automatique me semble plutôt une tache pour les amateurs qu’une priorité pour l’union. Après tout, avoir une langue commune n’est pas la pire des choses, si c’est le français ou l’anglais, peut importe.

Finalement, l’anglais dans les institutions est devenu une langue appart. On peut de nouveau se déchirer sur le fait qu’elle manque de brillance shakespearienne. Mais elle remplit sa fonction comme lingua franca. C’est un langage technique différent du langage classique, comme par exemple le langage juridique dans chaque culture. De ce fait, même les anglais perdent le monopole d’interprétation sur ce qui est dit au sein des institutions. Je me demande d’ailleurs, si le niveau de l’allemand ou français parlé comme deuxième langue dans les institutions serait vraiment supérieur. Assurer que ce qui sort des institutions soit traduit dans toutes les langues officielles y compris peut être en vrai anglais pour être compréhensible pour tous les européens me semble plus important que de sauvegarder des privilèges d’une langue en déclin au sein des institutions. Malheureusement je ne vivrai plus le jour ou les anglophones vont se plaindre que tout le monde parle chinois, espagnol ou je ne sais pas quoi. Mais ce jour viendra, j’en suis certain.

Alors, revenons aux sujets qui sont vraiment pertinent pour la construction européenne.

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Elodie B.
25 mars 2010
23:30
DOCUMENTAIRE : Le Français à Bruxelles, un déclin inéluctable ?

Je suis d’accord avec Aodhanc dans le fait que les germanophones devraient également combattre contre ce « tout-anglais » au même niveau que les francophones.

Par contre pour en revenir à votre commentaire Dominik, je ne pense pas réellement que la volonté de certaines personnes de persévérer à parler français dans les institutions soit dans le but de vouloir remplacer le tout-anglais par le tout-français, mais au contraire de valoriser et promouvoir l’usage d’autres langues autre que l’anglais.

Et justement au risque de vouloir imposer l’anglais comme lingua franca, je pense qu’on met en danger la diversité de l’Europe qui tient essentiellement au multilinguisme : une langue représente une culture et laisser l’anglais s’imposer dans les conversations au sein des institutions européennes au détriment des autres langues reviendrait à nier certaines cultures et donc ce qui fait la richesse de l’Europe.

Alors oui continuons à combattre contre cet unilinguisme, pour la préservation tout simplement de nos cultures à tous et valorisons certaines actions comme celle par exemple de l’association Défense de la Langue Française http://www.langue-francaise.org/Bruxelles/Bruxelles_entree.php qui décerne samedi le prix Richelieu aux deux journalistes européens Quentin Dickinson et Jean Quatremer, qui ont tout deux su imposer la pratique du français dans ce monde anglophone.

Si l’on veut rendre l’Europe plus accessible à ses citoyens, respectons les et parlons leur dans leur langue maternelle et ne leur imposons pas l’anglais

Si l’on veut garder/préserver notre diversité culturelle européenne (qui existe parce qu’on a une diversité linguistique), alors justement menons ce combat pour valoriser le plurilinguisme européen, car oui il est important de « sauvegarder des langues en déclin » pour tout simplement sauver nos cultures, notre culture européenne.

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En partenariat

Auteurs

Mathieu COLLET

Président, Directeur du projet

Fondateur d’Euros du Village, Mathieu dirige actuellement le projet. Il est également consultant pour un cabinet de conseil en stratégie d’information à Paris. Diplômé de Sciences Po Grenoble, d’un DEA de Sciences Politiques, et d’un Master d’études (...)

Benoît ROUSSEL

Rédacteur en chef adjoint du site français

Fervent patriote bordelais, fan de ciné, de tennis et de foot, Benoît a fait ses études dans le cadre de la filière intégrée en sciences sociales entre l’IEP de Bordeaux et l’Université de Stuttgart, qu’il a complété par un master en politique et (...)

Marie RAMOT

Diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg section Etudes européennes, Marie est allée s’expatrier à Bruxelles en 2005 pour se rapprocher des institutions européennes. Elle y a effectué un stage auprès de Marie-Line Reynaud, eurodéputée (...)

Julien DE FRAIPONT

Julien de Fraipont a effectué ses études en Sciences Politiques à l’Université Libre de Bruxelles, avec échange d’une année à l’University of Victoria, au Canada. Il a ensuite complété sa formation par un diplôme complémentaire en Relations Internationales (...)

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