C’est ainsi que l’on peut qualifier l’annulation unilatérale(officiellement « report ») par la Chine de son sommet avec les 27 Etats membres de l’UE, qui devait avoir lieu lundi 1er décembre. Fait unique dans l’histoire de la diplomatie communautaire, les Chinois ont officiellement motivé leur décision par un élément politique, à savoir les rencontres prévues entre le Dalai-Lama et plusieurs responsables européens (dont Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil) peu après le sommet. Ce geste inédit, qui traduit sans doute la rancune des responsables chinois vis-à-vis de l’attitude des Européens durant la crise tibétaine du début d’année (flamme olympique chahutée et menaces de boycott des Jeux de Pékin), n’est pas de bon augure : il repousse en effet aux calendes grecques des discussions économiques nécessaires entre la Chine et l’Europe, en particulier dans le cadre de la crise financière actuelle ; et il témoigne surtout des sautes d’humeur d’une Chine certes de plus en plus puissante, mais qui ne pourra fonder de diplomatie stable et efficace sur une telle attitude.
Voir nos « pages spéciales Asie »
(photo : Ferne Millen/Flickr)


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