La vie peut parfois sembler injuste, d’autant plus quand, après vous avoir fait connaître l’euphorie des sommets, elle n’est plus qu’une série d’échecs à répétition. C’est peut-être ce que ressent en ce moment Guido Westerwelle, le ministre des affaires étrangères allemand et président du parti libéral, le FDP. Depuis le triomphe électoral de 2009, où son parti avait recueilli près de 15% des voix (le meilleur résultat de son histoire), s’imposant comme un partenaire de coalition non-négligeable à la CDU d’Angela Merkel, la dégringolade semble incontrôlable. Elle a tout d’abord commencé par des déclarations à l’égard de « l’assistanat » soi-disant favorisé par les prestations sociales allemandes considérées comme choquantes par une grande partie de la population, et qui ont entraîné une chute brutale dans les sondages. Elle s’est poursuivie par des critiques sévères de sa politique étrangère, en particulier au sujet de l’intervention actuellement en cours en Libye, où ses hésitations et son abstention finale lors du vote de la résolution de l’ONU ont été perçues comme une désolidarisation vis-à-vis des alliés occidentaux. Le désaveu s’est enfin traduit dans les urnes du Bade-Wurtemberg et de Rheinland-Pfalz le weekend dernier, le FDP ayant enregistré des pertes considérables dans deux régions où il est habituellement bien implanté.
Alors que les médias allemands s’en donnent déjà depuis longtemps à cœur joie, montrant du doigt le caractère dit susceptible et borné de cet ancien avocat, la panique semble avoir définitivement gagné le parti. La position de Westerwelle semble de plus en plus en danger, et nombreux sont ceux qui prédisent qu’il ne pourra pas longtemps se maintenir à son poste si le FDP veut éviter une débâcle totale lors des prochaines élections législatives, prévues pour 2013. Un tel scénario serait un échec politique intérieur supplémentaire pour Angela Merkel, qui, en plus des défaites électorales régionales, a récemment perdu son ministre de la défense. Pour Westerwelle, il marquerait le terme d’une carrière politique menée tambour battant, mais aussi la fin du calvaire de ces 18 derniers mois.


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