L’Europe dans la « guerre des diamants »

L’Union Européenne préside le processus de Kimberley en 2007

Le 1er janvier 2007, l’Union Européenne a pris la présidence du Processus de Kimberley, initiative internationale originale visant à lutter contre le commerce des « diamants de la guerre », définis par les Nations Unies comme les diamants bruts utilisés par les mouvements rebelles ou leurs alliés afin de financer des conflits visant à déstabiliser des gouvernements légitimes. Si la Communauté européenne a participé activement à ce processus dès son lancement, les défis auxquels elle doit faire face au cours de sa présidence sont nombreux, et ce d’autant plus que le sujet s’est trouvé sous les projecteurs avec le film « Blood Diamond ».


Le processus de Kimberley : une association originale entre Etats, société civile et industriels pour lutter contre le commerce des « diamants de guerre ».

Dès le début des années 90, certains mouvements rebelles africains ont utilisés le commerce de diamants bruts dans le but de financer leurs luttes armées contre les gouvernements en place. Ainsi, l’UNITA en Angola ou le Front révolutionnaire en Sierra Léone, ont exploité des gisements diamantifères, profitant du fait que cette marchandise de petite taille (donc facilement transportable) possède une forte valeur commerciale. Ce marché illicite a pu se développer grâce à la difficulté de réglementation de ce commerce qui s’explique par la caractéristique même de ces gisements. Les diamants africains s’avèrent faciles à trouver et à extraire, ce qui, étant donné leur valeur et la corruption généralisée sur le marché mondial des diamants, en a fait une cible facile et très attractive pour les groupes révolutionnaires.

C’est en 1998 que l’Organisation non-gouvernementale « Global Witness », (dont l’activité se concentre sur les liens existant entre les ressources naturelles et les atteintes aux droits de l’Homme) a lancé sa campagne « Combating conflict diamonds » marquant ainsi le début de la prise de conscience de ce problème par la communauté internationale. Dans cette campagne, la société civile dénonçait l’exacerbation des conflits en Afrique par le commerce illicite de diamants, ainsi dénommés « diamants de la guerre ou du sang ». Le message des ONG était dès lors clair : soit les gouvernements et l’industrie du diamant prenaient les mesures nécessaires pour stopper ce commerce parallèle, et ainsi mettre fin aux violations massives des droits de l’Homme perpétrés dans ces pays ; soit les prochaines campagnes viseraient directement les consommateurs, associant ces pierres précieuses à des images de violences et de guerres, rompant ainsi définitivement avec l’image de pureté et d’amour qu’elles inspirent. Sans aucune utopie, le rapport de Global Witness pointait des arguments faciles à entendre pour les différents acteurs visés que sont les gouvernements et l’industrie du diamant. En effet, l’ONG rappelait que le coût des aides humanitaires d’urgence supporté par la communauté internationale pourrait ainsi être allégé, tandis que le développement de ces pays serait favorisé par la paix et les rentrées d’argent que ce commerce implique pour les gouvernements légitimes. Dès lors, le mouvement était lancé. En 2000, certains pays producteurs de diamants se sont réunis à Kimberley (ville diamantifère d’Afrique du Sud symbole de la ruée vers les diamants dans les années 1860) afin de trouver une solution visant à stopper le commerce illicite de diamants et à garantir aux consommateurs que les pierres qu’ils achètent ne contribuent pas à des violations des droits de l’Homme dans leurs pays d’origine. Après deux ans de négociations, le système de certification des diamants bruts est crée ; l’accord signé en Suisse en novembre 2002 entre en vigueur le 1er janvier 2003 sous la présidence de l’Afrique du Sud et est reconnue et soutenue par la résolution 1459 des Nations Unies.

L’objectif du Processus de Kimberley étant de garantir l’exclusion des « diamants de la guerre » du commerce licite, un système international de certification des diamants bruts a été mis en place. Celui-ci repose sur deux exigences principales : d’une part toute importation ou exportation de diamants bruts ne peut provenir ou être à destination que des pays participants ; d’autre part, chaque pays participant se doit de mettre en place un dispositif national de contrôle de ses importations et exportations. Les conditions minimales pour être participant sont principalement : d’avoir mis en place une législation de contrôle, d’assurer que les transferts de diamants sont effectués via des conteneurs inviolables, de recueillir et de tenir à jour des informations statistiques détaillées et enfin, de produire un certificat du Processus de Kimberley répondant aux exigences contenues dans ce même accord.

JPEG - 64.6 ko
La production de diamants dans le monde

Une grande proportion des diamants produits le sont dans des zones du monde où la situation politique n’est pas toujours stabilisée.

Il est indéniable que la mise en place de ce système a permis de limiter de façon conséquente le commerce illicite de diamants tandis que les conflits en Afrique de l’Ouest se sont apaisés. Ainsi, en 2005 la Sierra Léone a exporté pour 142 millions de dollars de diamant. Cependant, il reste très difficile de se procurer des chiffres exacts sur le sujet tant la bataille de l’image est sensible et la culture du secret tenace dans ce commerce. On admet néanmoins de façon générale qu’au début des années 90 les diamants de la guerre représentaient 15% de la production mondiale de diamant (qui elle-même se chiffre à 10 milliards de dollars par an). Le Processus de Kimberley constitue la première initiative visant à règlementer le commerce de diamants bruts, c’est pourquoi avant même sa mise en place officielle, le seul fait de parler du problème a rendu plus difficile la vente des pierres par les armées rebelles, ce qui explique qu’au lancement du système de certification en janvier 2003, la part des diamants de la guerre était déjà tombée à 4% de la production mondiale pour ne représenter aujourd’hui plus qu’1%.

Toutefois, malgré ces progrès rapides, la lutte contre les diamants de la guerre n’est pas finie, d’autant plus que le Processus de Kimberley doit faire face à certains dysfonctionnements internes. La force du Processus de Kimberley a toujours été d’avoir su rassembler tous les acteurs concernés afin de s’attaquer de façon constructive et efficace au problème des « diamants du sang ». Ainsi, les gouvernements ont intérêt à ce que le commerce licite se développe, (afin d’en retirer le maximum de profit via les taxes sur le commerce, les importations et exportations), alors que l’industrie du diamant a elle intérêt à ne pas voir l’image de son produit dégradée. Enfin, la société civile, qui est à l’origine de la prise de conscience internationale, garantit la crédibilité du système au moyen du contrôle qu’elle exerce. Cependant, en « période de crise », cette union « contre nature » s’est avérée devenir la principale faiblesse du système. En effet, dès 2006, divers problèmes internes se sont posés notamment avec la découverte de nombreuses brèches dans le système (au Brésil, au Venezuela et en Côte d’Ivoire). On observe de plus une tendance des participants à se rejeter mutuellement la faute. Le système de présidence tournante, qui supporte les coûts afférents, s’est de plus avéré être difficile à gérer, notamment en ce qui concerne le financement des opérations d’évaluation sur le terrain. Le Processus est alors apparu paralysé et incapable de faire respecter ses exigences quand le principe d’autorégulation a montré ses limites face au manque d’implication de certains participants. Cette situation difficile a été résumée par le coordonnateur de la recherche de Partenariat Afrique Canada (ONG membre du Processus), Ian Smillie, dans un discours prononcé lors de la journée d’ouverture de l’assemblée plénière du Processus au Botswana, en novembre 2006 : « Nous arrivons à une bifurcation. D’un côté se trouve le Processus de Kimberley dont nous avons parlé, le mécanisme qui a connu un “succès remarquable” en réunissant plus de 70 pays, la société civile et l’industrie dans un effort concerté pour protéger des vies et des moyens de subsistance. De l’autre côté se trouve une foire d’empoigne, une opération de plus en plus bureaucratique et aveugle qui masque la réalité et qui – si elle n’implose pas – ne fera rien pour prévenir le retour des diamants de guerre ».

La présidence du processus par l’UE : une chance pour relancer un processus en perte de vitesse ?

C’est dans ce contexte que l’Union Européenne a pris la présidence du Processus le 1er janvier dernier, succédant ainsi au Botswana, à la Russie, au Canada et à l’Afrique du Sud. La Communauté Européenne a été dés le départ un acteur de premier plan du Processus, d’une part car il constitue un outil de prévention des conflits et d’aide au développement, mais aussi parce que l’Europe est au centre du commerce mondial de diamants bruts (80% des diamants du monde passent par Anvers en Belgique). Les Etats membres sont représentés par l’UE au sein du Processus et c’est la Commission (DG Relations Extérieures), qui la

JPEG - 5.8 ko
Mme Ferrero-Wadner (Commissaire chargée des Relations exterieures)

La présidence du processus de Kimberley par l’UE est formellement gérée par la Direction générale Relations exterieures de la Commission européenne.

représente lors des réunions. Les règles du Processus de Kimberley sont mises en œuvre au sein de l’Union par le règlement CE 2368/2002 qui définit les contrôles sur les importations et exportations de diamants et les règles d’émission des certificats du Processus de Kimberley. Les administrations nationales des Etats Membres sont responsables, parfois en collaboration avec les industriels du diamant, pour la mise en oeuvre de ces règles sous la supervision de la Commission Européenne. Par voie de communiqué de presse, Mme Benita Ferrero-Waldner commissaire chargée des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage, a affirmé vouloir employer cette présidence « à garantir la bonne mise en œuvre des contrôles par l’ensemble des participants et à combler les lacunes qui subsistent », tout en continuant « de coopérer étroitement avec les Nations unies sur les cas du Liberia et de la Côte d’Ivoire, qui font tous deux l’objet d’un embargo sur les diamants ». Il n’en reste pas moins, que cette présidence ne s’annonce pas de tout repos au vu des divers défis auxquels elle devra faire face. La situation continue en effet d’être problématique dans des pays comme la Côte d’Ivoire et dans une certaine mesure le Ghana, même si ce dernier semble aujourd’hui plus enclin à coopérer que dans le passé.

Le processus de Kimberley doit maintenant prendre en compte le commerce illicite de diamants bruts dans son ensemble, même lorsqu’ils ne participent pas directement au financement de conflits armés visant à déstabiliser un gouvernement en place. Ainsi en est-il de la situation au Brésil ou au Venezuela, où de nombreuses entorses au système de certification ont été recensées par les enquêteurs (le Brésil a d’ailleurs pris la décision d’interrompre ses exportations afin de renforcer ses contrôles). De même, dans son rapport « For a few dollars more : how Al Quaeda moved into the diamonds trade », Global Witness a établit que cette organisation terroriste s’était infiltrée dans les réseaux du commerce de diamants.

Enfin, la présidence européenne va devoir gérer les conflits internes au Processus,

JPEG - 10.8 ko
Affiche du film ’Blood diamonds’

La sortie du film a fait beaucoup de bruits aux Etats-Unis et en Europe et a amené à une guerre de communication entre d’un côté indutriels du diamants et de l’autre les ONGs Global witness et Amnesty

notamment entre la société civile et l’industrie diamantaire. Cette bataille d’image entre les industriels d’une part, qui ne veulent pas que l’image de la pierre précieuse soit dépréciée aux yeux des consommateurs, et la société civile d’autre part, qui compte éviter que le processus ne devienne qu’un appareil bureaucratique s’est retrouvée dès le début d’année à la « une » des médias en raison de la sortie du film « Blood diamonds ». Ce film, réalisé par Edward Zwick, raconte la quête d’un diamant rose exceptionnel par un mercenaire sud africain durant la guerre civile en Sierra Léone. Si le film est sorti en Europe le 15 janvier dernier, Outre Atlantique il a précédé les fêtes de noël, ce qui a particulièrement inquiété les diamantaires. En effet, l’enjeu économique est énorme, et si selon l’ONG Global Witness « tout ce qui renforce la prise de conscience du problème des diamants de guerre est positif », il n’en va pas de même pour les industriels qui se sont mobilisés afin de défendre leur image de marque. De Beers, géant sud africain du commerce de diamants et premier extracteur en Afrique, a ainsi offert 8 millions de dollars au lobby diamantaire pour le financement d’une campagne de publicité sur le thème : ne laissons pas ce film gâcher ce que l’industrie du diamant fait pour le développement en Afrique et ailleurs. ll semblerait néanmoins que la sortie du film n’est pas eu un impact réel sur les ventes de diamants.

Il reste en définitive à espérer que cette lutte médiatique que se livre la société civile et l’industrie du diamant ne compromettra pas l’amélioration du Processus que veut engager la Commission Européenne, et que cette association « pour la bonne cause » entre les ONG et l’industrie diamantaire continuera de fonctionner. Comme l’a rappelé Mme Benita Ferrero-Waldner dans son discours prononcé lors de la présentation en avant première du film : « personne ne doit faire l’erreur de se désintéresser de ce problème juste parce que les armes sont silencieuse ».


Illustrations : logo : / carte de la production de diamants http://www.jcrs.com/newsletters/200... / photo de Mme Ferrero-Wadner : http://ec.europa.eu/external_relati... affiche du film ’Blood diamonds’ : http://worthless-stones.blogspot.com)


reagir   Imprimer   envoyer par mail   Auteurs
Espace réactions ()

jean charles muamba
9 mars 2008
20:25
INTERNATIONAL : L’Europe dans la « guerre des diamants »

Merci pour toutes ces informations. je désire créer en RDC une Association pour la vulgarisation du processus de kimberley auprès des exploitants miniers du DIAMANT.pouvez vous m’aider dans ce sens ?

mirian
10 mars 2008
14:27
INTERNATIONAL : L’Europe dans la « guerre des diamants »

Bonjour, Ravie que mon article ait pu vous intéresser... L’association que vous projeter de créer est une excellente initiative considérant que l’efficacité du processus repose en grande partie sur l’information du plus grand nombre de personnes, au premier rang desquelles les exploitants miniers des zones concernées. Cependant, je ne suis qu’étudiante et j’ai écrit cet article du fait de mon intérêt personnel pour ce sujet ; mais je ne dispose d’aucun contact précis qui pourrait vous aider. Je ne peux que vous assurer de tout mon soutient et si d’aventures vous pensiez à une aide quelconque plus précise que je pourrais vous apporter, faites m’en part et je ferai au mieux. En l’état, tout ce que je peux vous conseiller c’est de vous renseigner auprés des instances du PK et de la DG relations extérieures de la Commission Européenne. J’espère sincèrement que votre projet verra le jour, toutes les bonnes volontés sont en effet nécessaires pour qu’un jour nous puissions constater la fin des massacres engendrés par la course aux diamants. Bonne continuation, mirian.


4 avril 2008
12:06
INTERNATIONAL : L’Europe dans la « guerre des diamants »

Bonjour, Je suis étudiante en 6eme année secondaire à Bruxelles et je réalise un travail de fin d’etude sur la thématique des diamants de sang.Votre article m’a beaucoup aidé et j’ésperai que nous pourions entrer en contact afin que,si vous le voulez bien, vous pouriez m’aider,me conseiller. Merci d’avance je joins mon email si l’envie vous prenait.

hajarobt@hotmail.com

jean charles MUAMBA
13 mars 2008
19:32
INTERNATIONAL : L’Europe dans la « guerre des diamants »

merci beaucoup myriame pour votre disposition de soutenir une telle initiative et surtout pour votre reponse. au moment où je vous envoi ce courriel, mon pays organis des etats generaux sur l’exploitation miniere, le bilan est amère car il y a toujours des fraudes et surtout le non respect du processus de kimberley, pourtant ratifié par les autorités.

il est plusque temps qu’une telle structure voie le jour.envoyez moi pour cela les coordonnés precises des personnes à contacter au niveau de la commission européenne que de la direction générale.

En plus envoyez nous des ouvrages sur le processus car nous comptons organiser déjà une conference au grand hotel kinshasa avec les exploitants miniers.

axel johnsson
11 mai 2008
22:16
INTERNATIONAL : L’Europe dans la « guerre des diamants »

A toi Jean Charle Muamba Nzambi momu. je suis geomologue resident en Sweden,l idee genial de resister contre toute märk de mafia organiserad par n importe quel gouvernement ou personalite, soit disant supreme au desus de l autre au sein d une society et toujour deplorable .voir les sang couler depuis la sol africain et reveler ds la film blood diamond .la marque signer bien Africain et brazilien. de commandant ZERO ET RAMBO .brave que vs ete avec une konscience noble et digne de sans tache. cette raisaon raisonante vous en pris de prendre aussi part des JEUNES SOUFFRANT QUI TRAVAIL DS DE MINE DE DIAMAND.VOS GOUVERNANT de mauvais gout kontinue la diskrination kontre les enfant. je vs souhaite une bonne kourage.l idee et noble et enkourrageant faite savoir ton idee publiquement ds de media kongoleska så kommer vi hjälp till.

FRED
20 avril 2011
22:16
L’Europe dans la « guerre des diamants »

Merci beaucoup pour ce travail, qui à mon échelle, me donne des infos pour la rue... Je travail pour Oxfam à recruter des donateurs et c’est mon sujet d’expo pour l’équipe, j’en parle tous les jours dans la rue. FRED

Politique internationale
La présidence hongroise du Conseil de l’UE pourrait relancer le débat sur l’adhésion de la Turquie sous l’angle de la politique extérieure de l’Union (...)
Trois ans après, quelles conclusions tirer de l’action de Catherine Asthon et du SEAE ?
Gouvernance mondiale (ONU, OMC, etc.)
Alors qu’il en a fait un des principaux chevaux de bataille de sa présidence du G20, Nicolas Sarkozy peine à convaincre ses partenaires (...)

Auteurs

Mirian FOUCHIER

Diplômée d’une maîtrise de Droit européen des affaires, obtenue à l’Université d’Uppsala en Suède, et d’un master en Droit des contrats d’affaires (Université Montpellier I), Mirian poursuit actuellement ses études au Collège d’Europe. Très intéressée par (...)
  Les plus lus Les plus commentés
Depuis un mois | Depuis toujours
Ils nous tweetent
Facebook
Quel président de la Commission en 2014 ?

Qui sera le président de la Commission européenne en 2014 ?


Les blogs des sections locales et thématiques du groupe Euros du village

Euros du Village, c’est
- 5 rédactions bénévoles et 4 Eurosblogs spécialisés,
- Plus de 120 publications par mois en 5 langues,
- un regard décalé sur l’actualité européenne et 7 ans de couverture des affaires européennes.

Retrouvez-nous en ligne :
- Euros du Village (FR), Gli Euros (IT), Los Euros (ES), Die Euros (DE) et The Euros (EN),
- En français, sur Facebook et Twitter.

Le groupe Euros du Village

Politique
Economie
Société & Médias
Développement durable
Affaires intérieures
Affaires extérieures
Bruxelles & Euro-bulle
France
UE 28
L’autre Europe
Monde
© Groupe Euros du Village 2010 | Mentions légales | Site réalisé avec SPIP | Réalisation technique et design : Media Animation & Euros du Village France