Samedi 12 octobre, moins d’une semaine après le second référendum irlandais qui a vu les citoyens de l’Ile approuver le traité de Lisbonne à une large majorité, le président polonais Lech Kaczynski a signé le traité de Lisbonne, achevant ainsi la ratification dans l’avant-dernier pays où celle-ci était encore en suspens et laissant à la République tchèque la place de dernier. Dans un langage étonnamment positif et conciliant pour lui, le jumeau de l’ancien premier ministre Jaroslaw Kaczynski a déclaré que « le changement de décision du peuple irlandais a fait que le traité a repris vie et qu’il n’y a plus d’obstacles pour le ratifier », qualifiant même cette ratification de « journée très importante pour l’histoire de la Pologne et de l’Union européenne ». Il ne reste plus donc qu’un obstacle à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, mais celui-ci est de taille, même s’il se limite au nom d’une seule personne : Vaclav Klaus, le président tchèque. Malgré son isolation croissante sur la scène européenne, ce-dernier refuse de céder et fait preuve d’une inventivité et d’une ténacité impressionnante afin de retarder, si ce n’est d’empêcher, la ratification de son pays. Dernier exemple en date, son exigence d’ajouter au traité un protocole stipulant que son pays disposerait de la même exemption que le Royaume-Uni et la Pologne en ce qui concerne la valeur juridiquement non-contraignante de la Charte des Droits Fondamentaux. La raison : empêcher que l’application de la Charte n’entraîne l’annulation des « décrets Benes » de 1945, qui ont permis l’expropriation et l’expulsion des Allemands Sudètes après la seconde guerre mondiale, et qui constituent toujours aujourd’hui une pomme de discorde entre l’Allemagne et la République tchèque. Problème : un tel protocole ne peut plus être ajouté à ce stade, et devra donc attendre le prochain traité d’adhésion, à l’instar des « garanties » obtenues par l’Irlande avant son second référendum. Ceci suffira-t-il à faire « plier » l’indomptable président tchèque, qui résiste encore et toujours à la pression de l’ensemble des pays européens ? Réponse dans quelques semaines, voire quelques mois.
Voir notre « dossier spécial Traité de Lisbonne »
(Photo : Service audiovisuel de la Commission européenne)


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