L’événement de cette semaine, c’est bien sûr la terrible tragédie qui a frappé le Japon vendredi dernier, et qui risque de se muer en catastrophe nucléaire. Et alors que Jose Manuel Barroso a annoncé mercredi 15 mars que l’Union européenne allait fournir une aide d’urgence coordonnée entre tous les Etats membres, l’impact du séisme pourrait bien se faire sentir directement en Europe… par l’intermédiaire d’une remise en cause profonde de la politique énergétique du continent. Alors que l’énergie nucléaire semblait vivre une seconde jeunesse grâce aux efforts faits par l’UE pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, l’accident de la centrale de Fukushima a porté un coup très dur à sa crédibilité déjà largement écornée dans nombre d’opinions publiques européennes, et particulièrement dans la très écologiste Allemagne. Angela Merkel vient ainsi d’effectuer une volte-face complète en un temps record : celle qui avait décidé de prolonger la durée d’utilisation des centrales nucléaires allemandes (sans toutefois revenir sur la décision du gouvernement Schröder de ne pas en construire de nouvelles) a ainsi annoncé un moratoire de 3 mois sur cette prolongation, ainsi que la fermeture provisoire des 7 centrales les plus anciennes.
Au niveau européen, l’ensemble des ministres de l’environnement nationaux se sont déjà mis d’accord pour soumettre les 143 centrales du continent à des tests de résistance (« stress tests ») aux catastrophes naturelles d’ici à la fin de l’année, tandis que le Commissaire à l’énergie Günther Öttinger, d’habitude ardant défenseur de l’atome, se pose ouvertement la question d’un avenir sans nucléaire pour l’Europe. S’il est difficile d’affirmer, comme peut le faire Der Spiegel, que l’accident de Fukushima marque la fin de l’histoire de l’énergie nucléaire, son avenir semble en tout cas bien moins rayonnant qu’il y a encore quelques jours.


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