Antonio Guterres, chef du Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (UN HCR), a récemment critiqué l’Europe pour la fermeté de sa politique d’asile, l’appelant à résister à la tentation de faire des migrants des boucs émissaires des difficultés sociales qu’elle connaît actuellement. Certains événements récents comme l’évacuation des occupants de la « jungle » de Calais et surtout l’attitude des autorités italiennes vis-à-vis des migrants en provenance de la Méditerranée constituent selon lui les signes d’un raidissement dangereux. C’est surtout le gouvernement de Silvio Berlusconi qui est pointé du doigt, accusé d’encourager le renvoi de bateaux vers la Libye avant même d’avoir examiner la validité d’éventuelles demandes d’asile, ce qui constituerait une violation des obligations légales de l’Italie. Une attaque qui ne devrait pas faire plaisir au chef du gouvernement italien, qui avait déjà menacé de « paralyser » les institutions de l’UE après que la Commission européenne eut exprimé ses préoccupations sur le sujet. Autre point de critique formulé par M. Guterres, l’absence d’un régime d’asile commun, qui entraînerait de graves inégalités de traitement entre les demandeurs d’asile selon le pays où ceux-ci déposeraient leur demande. L’harmonisation des conditions de délivrance du statut de réfugié est en effet au programme de l’UE depuis plusieurs années, mais n’a toujours pas été achevée, faute de volonté politique. Ces critiques la pousseront-elles à avancer ?
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(Photo : maccusfoto, flickr.com)










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