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Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

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L’arrangement Peillon-Frêche, les conseils de dissidence de Royal, les promesses d’Aubry...

La très relative unité de façade de ce début de campagne - qui n’a d’ailleurs pas vraiment la couleur de l’Europe - aura succédé à plusieurs semaines de manipulations, de jeux de courants et d’affrontements d’égos tout aussi sordides qu’habituels. Mais « la politique » est ainsi : avant de pénétrer dans la noble arène électorale, encore faut-il passer l’épreuve un peu moins noble de la nomination. Des calculs de Vincent Peillon aux manipulations de Georges Frêche, en passant par les conseils pour le moins étonnants de Ségolène, les Euros vous révèlent par le menu comment Gilles Savary s’est retrouvé, contre toute attente, sur la touche. Et comment il vit la chose...

Le fait de croiser Gilles Savary dans les froides allées du Parlement européen se sait souvent à l’avance : il n’est pas rare de percevoir la rumeur d’un rire profond précéder le personnage, en discussion animée avec l’un de ses collègues. 54 ans, la mine toujours rieuse, l’air jovial et bon vivant, Gilles Savary est réputé encore meilleur connaisseur du monde bruxellois que des bonnes tables de sa région. Il y aurait beaucoup à raconter sur ses années passées à arpenter la capitale européenne, à apprivoiser ses codes, à tisser un réseau d’influence, et à se faire une idée toujours plus précise des subtilités pour faire bouger 15, 25 puis 27 États membres dans la même direction. Mais c’est de l’histoire qui y mettra un terme qu’il s’agit ici.

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Gilles Savary a déjà commenté, vigoureusement, les raisons de son éviction : « à en juger par le nombre de réactions stupéfaites et interrogatives qui m’ont été adressées, il apparaît que les mieux informés et les plus sagaces observateurs n’ont pas idée de la façon dont fonctionne un grand parti de gouvernement dans la France en crise de ce début de siècle » déclare-t-il ainsi sur son blog, début mars 2009.

Je ne vous cacherais pas que les relations entre Gilles Savary et les Euros sont anciennes. Des relations d’amitié et de confiance. Aussi ai-je été stupéfait d’apprendre son éviction de la manière dont il me l’a confiée. Il nous a exceptionnellement autorisé à vous en faire écho, et à vous en livrer une version complète.

Une version qui donne une idée de l’écart dramatique qui sépare nos partis politiques des préoccupations citoyennes. Une version dans laquelle un parti censé être profondément européen, présidé par la fille de Jacques Delors, s’illustre par un clientélisme cynique en matière de désignation.

Acte I : « t’inquiète pas, j’assure »

La fille de Jacques Delors donc. Martine Aubry. Fin janvier dernier, pour la nouvelle première secrétaire du PS, le cas Savary ne posait aucun problème. En tout cas avait-elle confirmé en janvier, en marge d’une audition par les responsables du transports de la communauté urbaine de Lille, la « tranquille assurance » avec laquelle celui-ci envisageait l’échéance de la validation des listes électorales : « Toi et moi avons la même façon de faire de la politique. La région la plus simple pour moi, c’est le grand Sud Ouest : en position un, Arif, parce qu’il appartient à une minorité visible, en deux Castex parce qu’Emmanuelli est influent, et en trois, toi, parce que tu es incontournable ».

Incontournable, Gilles Savary ne l’était pas pour des raisons politiciennes – et peut-être est-ce une faiblesse -, mais en raison de sa connaissance des dossiers, de sa place à Bruxelles et de son ancrage local.

En effet, que l’on soit ou non sur sa ligne, le constat est très largement partagé : l’eurodéputé du Sud Ouest est considéré comme l’un des parlementaires français les plus influents et les plus légitimes, en première ligne sur des dossiers législatifs décisifs, des paquets ferroviaires au paquet maritime, en passant par les services d’intérêt général.

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Pervenche Bérès

Députée européenne depuis 1994, elle est présidente de la très importante commission des affaires économiques et monétaires (ECON). Proche de Laurent Fabius, elle aura défendu le non à la Constitution européenne en 2005, avoir avoir été très active au sein de la Convention chargée de sa rédaction. Ce positionnement, qui aura suscité de nombreuses incompréhensions, n’aura pas entaché sa légitimité sur le long terme. Gilles Savary, également dans le courant de Laurent Fabius à l’époque, n’avait pas suivi ces positions et s’était éloigné politiquement de l’ancien premier ministre.

Il était le seul, avec Pervenche Bérès, à pouvoir prétendre à la présidence d’une commission, en l’occurrence celle des transports, l’une des plus importantes commissions législatives du Parlement. Une perspective qui permettait d’assurer à la France et à la gauche une position de force. Gilles Savary s’est par ailleurs beaucoup investi pendant la présidence française, à la demande de Dominique Bussereau, qui, connaissant son influence au sein de la machine bruxelloise, l’avait choisi comme interlocuteur privilégié faute de disposer d’un relais aussi efficace dans son propre camp, l’UMP. Selon lui, « au sein du Parlement Européen, la capitalisation des compétences est un processus lent, que les Allemands et les Anglais, en particulier, ont compris. En outre, pour se faire reconnaître du milieu assez fermé du transport européen, il faut ramer pendant longtemps ».

Fortement implanté dans le département le plus peuplé de la région Aquitaine, la Gironde, dont il est le vice-président du Conseil général, sa candidature avait par ailleurs un intérêt électoral certain pour le PS. Seule la gauche du parti, autrement dit les proches d’Henri Emmanuelli et de Benoit Hamon, pour des raisons idéologiques, n’était pas très chaude à l’idée de voir Gilles Savary à nouveau dans la course : trop social-démocrate, trop européen aussi, probablement. Elle ne lui a cependant pas fait obstacle.

Au sein de son courant, celui de la motion E, les royalistes, les choses était très claires : le courant compte 5 députés sortants [1] pour 6 places éligibles sur les listes au niveau national. Autant dire qu’il avait, du point de vue arithmétique, sa place.

Ségolène Royal, dont Gilles Savary est l’un des premiers soutiens historique de la présidentielle de 2007, avait déclaré d’elle-même en janvier, dans le journal Sud Ouest, que celui-ci « serait évidemment en position éligible ». La chose était entendue. Qu’il s’agisse de Manuel Valls, de Jean-Louis Bianco, ou de François Rebsamen, autres proches de Ségolène, le soutien allait de soit : « tu ne t’inquiètes pas, tu fais partie de notre « hard core », tu es intouchable pour des raisons de compétences et de visibilité ».

François Rebsamen, officieusement en charge de « négocier » la constitution des listes pour le courant royaliste, l’avait même rassuré à plusieurs reprises : « t’inquiètes pas, j’assure » disait-il.

C’est pourtant bien son propre camp qui assurera sa mise à l’écart.

Acte II : le coup (de fil) de Peillon

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Kader Arif

Cet autre député européen sortant de la circonscription Grand Sud Ouest, d’origine algérienne, est le premier secrétaire de la puissante fédération de Haute-Garonne, forte de 7500 adhérents et qui englobe Toulouse.

« De toute façon, même si tu es lâché par ton courant, tu fais partie des quatre prioritaires pour moi : Pervenche Bérès et toi, parce que vous avez une grande influence européenne, et Hamon et Désir, parce qu’ils représentent les deux courants qui m’ont soutenu au congrès ». Martine Aubry tient Gilles Savary en estime. On ne peut pas en dire autant des figures royalistes, Vincent Peillon en tête : catalogué manipulateur sans scrupules, l’ayant accusée de fraude électorale au congrès de Reims, l’eurodéputé picard sera à l’origine du complexe jeu de chaises musicales qui règlera le sort de Savary.

La maire de Lille n’entendait donc surtout pas que Vincent Peillon soit candidat dans la circonscription Nord Ouest, comme lors du précédent scrutin. C’est donc dans le grand Sud Est que ce soutien incontournable de Ségolène ira se positionner. « Excommunié » en première place. Là où Gérard Collomb, le maire de Lyon, royaliste lui aussi, souhaite placer l’un de ses proches.

Le 17 février, le parachuté, qui vit cet épisode comme un « crève cœur », avant d’affirmer que « le Sud-Est est la seule région où [il] souhaitait aller », appelle son camarade bordelais :

« — Gilles, c’est finalement un peu compliqué ; accepterais-tu la seconde place dans l’est ? 
— Pas question. J’ai une moins-value dans cette région, et je ne pense pas que les militants apprécient que j’y vienne. Les gens de l’est ne me connaissent pas, et dans l’ouest, je peux ramener de l’électorat. Et puis je ne suis pas prêt à faire n’importe quoi pour m’accrocher à mon mandat
— Ok, pas de problème ».

En privé comme en public, Gilles Savary tient à insister : « je vais là où je suis utile. Je crois être utile au Parlement Européen, et je crois l’être aussi en Aquitaine ». Il avait accepté son « exfiltration » dans la région Ile-de-France, en 2004, à « contre-cœur », mais « je n’ai jamais quitté ma région. Être élu à Paris, ça peut encore aller, c’est la capitale. Mais en Rhône Alpes ou en PACA, qui comprendrait un tel parachutage ? Je n’y avais pas ma place et je ne voulais prendre celle de personne, en particulier de Pierre Pribetich, député sortant particulièrement prometteur. Le pire, c’est qu’au final, il a lui aussi été lâché au profit d’apparatchiks de Solférino ».

Toujours est-il que c’est « finalement un peu compliqué ». Gilles Savary n’en comprendra les raisons que le 27 février, ce vendredi « fatal » où les royalistes valideront les noms qui seront soumis au bureau national du parti pour la constitution des listes.

Pendant 10 jours, donc, pas de nouvelles de Solférino. Seul Ludovic Freygefond, premier secrétaire fédéral de la Gironde, l’alertera : « fais gaffe, ça se bouge beaucoup pour Andrieux ».

Acte III : Frêche, Guérini, Peillon et les autres, petites combines entre amis

Eric Andrieux, autre royaliste, est le premier secrétaire fédéral de l’Aude, et surtout, un très proche de Georges Frêche, dont il est le vice-président en charge des fond structurels à la région Languedoc-Roussillon. Et en effet, cela se bouge beaucoup pour lui. Car il n’a pas, aux dernières nouvelles, le soutien des barons royalistes. Mais le vent tourne...

Vient le fameux soir du 27 février et la réunion de courant. Quelques heures avant, Vincent Peillon aura pris le soin de décrocher son téléphone : « — Gilles, tu es là ce soir ? 
— Oui
— Très bien »

Les royalistes se retrouvent donc au sous-sol de l’Assemblée Nationale. Ségolène Royal n’est pas là, l’ambiance est glaciale. Vincent Peillon, qui préside la réunion, introduit, comme pour se dégager de toute responsabilité : « je n’ai rien négocié. Comme je suis juge et partie, j’ai confié la négociation à Assouline et Rebsamen ».

Les listes sont présentées. Ile-de-France, Nord-Ouest, Ouest. Vient le Sud-Est. Avec une certaine gêne, on annonce que Vincent Peillon y figurera en tête. Jean-Noel Guérini, bras droit de Ségolène Royal, et patron du PS des Bouches du Rhône, l’une des plus importantes du parti, intervient immédiatement en sa faveur. Gérard Collomb voit le piège se refermer sur lui et s’indigne. Il réclame un vote. Face aux Marsellais, venus en force, Collomb perd la bataille.

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Françoise Castex

Françoise Castex, également députée sortante, originaire du Gers, est une fidèle d’Henri Emmanuelli. A gauche du PS, elle a mené, en première ligne, le combat pour le non au referendum du 29 mai 2005.

David Assouline, sénateur de Paris, figure idéale de l’apparatchik passé du militantisme étudiant à la politique, annonce la constitution de la liste dans le grand Sud Ouest : « En première position, Arif, deuxième, Castex, troisième, Andrieux et Savary ». Étonnement de ce dernier : « — Andrieux et Savary, c’est dans l’ordre ?
— Oui, c’est dans l’ordre.
— Je ne suis donc pas troisième. Je suis cinquième [2] !
— On te le confirme ».

Patrick Mennucci, le leader du PS à Marseille, propose de voter. Gilles Savary se retrouve piégé à son tour. Un bref coup d’œil circulaire dans la salle lui permet de constater que tout est déjà bouclé. Les amis de Jean-Noël Guérini et de Georges Frêche sont en effet venus en nombre. Les invitations de Peillon ont été manifestement sélectives. Inutile de passer au vote. Peillon s’est assuré sa majorité. Au revoir Bruxelles.

Acte IV : Ségolène conseille la dissidence au sein de son propre courant et de son propre parti

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« L’Européen sacrifié »

La une du magazine Villes et Transports de mars 2009 illustre la stupeur et la déception qu’a provoqué l’éviction de Gilles Savary dans le milieu des transports. Qu’il s’agisse de Jacques Barrot, de ses collègues du Parlement européen, des principaux acteurs du secteur (lobbyistes, représentants d’ONG et d’entreprises), le sentiment était largement partagé.

Le courant royaliste aura donc lâché l’un de ses candidats les plus sérieux et l’un de ses membres les plus anciens au profit d’un proche de Georges Frêche. Adepte des méthodes expéditives voire violentes, exclu du PS en 2007 après une succession de propos racistes, ce dernier continue d’y exercer une influence considérable et de faire la pluie et le beau temps dans sa région. Par un échange de bons procédés, il aura apporté, avec les Bouches du Rhône de Jean-Noël Guérini, le renfort de ses troupes pour imposer Vincent Peillon dans le Sud-Est. En contrepartie de quoi il aura obtenu le lâchage de Savary au profit d’Eric Andrieux.

Quelques minutes après la réunion, c’est à dire avant le conseil national fatidique de validation des listes du lendemain, Ségolène Royal appelle Gilles Savary. Elle lui demande des nouvelles. S’offusque de son éviction. Et l’encourage à entrer en dissidence : « — il faut maintenant que tu présentes au conseil national une contre-liste.
— C’est impensable ! C’est trop tard d’en faire une sur la région dans la nuit. Elle sera en plus ultra-minoritaire face à celle du parti qui aura l’accord de notre propre camp.
— Tu peux envisager une contre-liste à l’élection. Présente ta propre contre-liste sur le terrain.
— Ségolène, tu n’y penses pas, elle fera au mieux 3%. Je veux bien me faire exécuter une première fois, mais je ne suis pas candidat au suicide. Ce sera une deuxième mort ! »

Epilogue

Aujourd’hui, Gilles Savary se dit victime de sa façon de faire de la politique. « J’en étais parfaitement conscient. L’influence se joue à Bruxelles les lundis, mardis et mercredis, précisément quand le parti réunit ses commissions et ses instances à Solférino. Des lors, le parlementaire européen socialiste français est placé devant un dilemme : durer ou exercer son mandat. Pour durer, il faut prendre ses indemnités à Bruxelles lors des sessions plénières et grenouiller les mardis et mercredis a Solférino. Pour exercer son mandat, il faut camper à Bruxelles et déserter la cour parisienne ». « Je suis ainsi fait que je ne regrette rien. Et j’assume ce décalage ».

Gilles Savary est aujourd’hui certes un peu amer, avec le sentiment de n’avoir pas fini le travail commencé il y a 10 ans. Il ne s’inquiète pourtant pas pour le futur. Il a des projets, pour sa région, pour l’Europe, et n’en n’a sûrement pas fini avec Bruxelles, tant il a encore l’énergie et l’envie d’y être utile. Il regrette surtout la faiblesse de l’influence des socialistes français et s’indigne du peu de cas fait à « l’intérêt général ».

« Ce qui est plus triste c’est que le PS envoie à Bruxelles des générations éphémères de députes européens qui s’y considèrent en transit temporaire. Ils n’ont jamais pu installer une véritable influence des socialistes français au sein du PSE et du Parlement européen ». Il serait surprenant que l’avenir le démente, tant il y a à parier, qu’à la première occasion venue, nombre de députés européens socialistes n’hésiteront pas à quitter leurs fonctions pour un mandat national. Souvenons-nous des élections législatives de 2007.


[1] Les députés sortant de la motion E sont : Gilles Savary, Vincent, Béatrice Patrie, Michel Teychenné et Bernadette Vergniaux)

[2] Les listes devant respecter la parité, celles-ci comprennent en effet une alternance hommes-femmes.


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judge dredd
30 mars 2009
09:44
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

écrit par... un ancien collaborateur de Gilles Savary ?

C’est un bon moyen d’avoir tous ses détails me direz-vous...

mais que la juge soit aussi (ex)partie, c’est douteux surtout si on ne l’écrit pas...

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Mathieu COLLET
30 mars 2009
10:51
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Cher Judge Dredd,

Merci pour votre message. Oui, je suis un proche de Gilles Savary. Je ne m’en cache pas, et l’article ou mon profil sur le site mentionnent bien cette proximité. Cela n’empêche pas d’avoir des opinions personnelles indépendantes, parfois divergentes avec lui (par exemple, sur le soutien à Ségolène Royal), et d’avoir suffisamment de recul. Simplement, il m’a semblé important de faire le point sur son éviction, parce que celle-ci me paraît - comme à beaucoup d’autres, il suffit de regarder les très nombreuses réactions d’indignation sur le net ou dans la presse - révèle l’état du PS à l’approche des européennes. Et donc de livrer des informations que nous avons jugé, à la rédaction, d’intérêt (l’article a d’ailleurs été classé en point de vue).

A plusieurs reprises par le passé, nous avons été tentés de révéler quelques informations que nous avons pu obtenir de sources de première main. Nous nous en sommes souvent privés, nous focalisant sur l’analyse des politiques européennes. Probablement devrions-nous le faire davantage désormais !

Quant aux compétences reconnues de Gilles Savary et ses mérites, il n’a pas besoin d’Euros du Village pour cela : un simple coup d’œil sur la toile ou dans la presse, suffit à se rendre compte à quel point celui-ci est apprécié et considéré comme un bon député, de manière quasi-unanime.

J’espère en tout cas que cela saura alimenter le débat !

Cordialement,

judge dredd
30 mars 2009
14:15
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Cher Mathieu,

je ne disais pas que j’étais en désaccord sur le fond (sur M. Savary et ses compétences en particulier), ni que vous dissimuliez votre lien avec lui. Mais j’observais juste que vous ne cherchiez pas à non plus à le montrer avec suffisamment de précision ; ce qui me semblait la moindre des choses (à part des pervers comme moi, personne ne va aller regarder votre profil).

Rien de plus.

Cela dit je ne serai pas en mesure de remettre en cause le contenu de votre article.

georg
30 mars 2009
16:58
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Je fais partie des pervers qui regarde les biographies des auteurs. Je trouve également que l’auteur de cet article n’a pas suffisamment éclairé le lecteur sur son lien avec ledit député. Et bien évidemment, c’est un genre d’article que personne d’autre que des initiés ne peuvent remettre en cause. Consacrer autant d’articles et autant de place à un seul eurodéputé : est ce bien raisonnable ? Personnellement, je ne connais pas les 95% des personnes citées dans l’article.

Mathieu COLLET
30 mars 2009
18:01
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Mais non, vous n’êtes pas pervers !

Georg, Gilles Savary ne tient pas plus de place sur Euros du Village que d’autres personnalités politiques telles que Jean-Louis Bourlanges, Alain Lamassoure (autre sacrifié d’ailleurs !) Michel Barnier ou Pierre Moscovici !

Oui, c’est raisonnable de consacrer cette place, parce que ce qui est arrivé est réellement à l’opposé des valeurs censées être défendues par le PS (et tant l’éviction en soit que ses raisons doivent nous faire réfléchir).

Enfin, je n’ai rien d’exceptionnel à dire sur mon lien avec Gilles Savary, si ce n’est que j’ai commencé à travailler à ses côtés au parlement en tant qu’assistant stagiaire en 2005 à Bruxelles. Puis j’ai collaboré avec lui au Parlement européen pendant plusieurs mois, avant d’avoir d’autres activités à Bruxelles. nous sommes depuis restés liés (il en va de même avec une partie de son équipe) non seulement parce qu’il nous est arrivé de travailler sur les mêmes dossiers mais aussi pour de simples raisons amicales...

Martin
30 mars 2009
18:16
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

L’indignation de Mathieu est partagée par une extrême majorité des observateurs du travail parlementaire au sein du Parlement européen. Cette indignation est à la fois ressentie pour Gilles Savary mais aussi, par exemple, pour Alain Lamassoure (même si ce dernier devrait pouvoir passer).

Si vous souhaitez lire l’avis de quelqu’un d’autre sur la question, lisez le blog de Jean Quatremer. La substance est la même.

Sur le fait que cela soit un ancien collaborateur de Gilles Savary qui écrive cela... Mathieu aurait tout à fait pu poster l’article sous le nom d’un des multiples rédacteurs des Euros du Village. Il ne l’a pas fait... je trouve cela très transparent ! Tous les journalistes ont des relations particulières avec des politiques, mais on les connaît malheureusement que rarement...

matador
30 mars 2009
18:08
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Bonjour,

Je n’ajouterai rien sur les commentaires faits sur les liens entre l’auteur et G. Savary. Personnellement, au delà de l’éviction d’un homme compétent et reconnu comme tel a Bruxelles (et ce n’est pas facile) le plus choquant est a mes yeux le comportement d’un homme tel que G. Freche au sein du PS, connu par le grand public pour ses propos « tendancieux » et qui gagne toujours en influence......

Déjà que la politique est obscure et inaccessible pour une grande majorité, le comportement de tels « pachydermes politiques » ne peux que faire fuir les derniers courageux...

Merci de me publier

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olivier brunet
30 mars 2009
18:24
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Cher Matthieu

Félicitations, bien sûr tu as eu 100 fois raison d’utiliser ta proximité avec Gilles Savary pour expliquer dans le détail ce que nous sommes nombreux à savoir, dans les grandes lignes, au moins à Bruxelles. L’éviction de Gilles Savary est une honte. Le PS se prive de l’un de ses meilleurs Parlementaires européens, reconnu par ses pairs pour sa compétence et son engagement... triste histoire. Je souhaite que Gilles Savary puisse, malgré tout, utiliser d’une manière ou d’une autre son savoir faire européen, notamment dans le domaine des transports où son expertise n’est plus à démontrer. Cette histoire malheureuse a son équivalent à droite, comment comprendre qu’Alain Lamassoure n’ait pas été mieux soutenu par l’UMP ? Incompréhensible pour un Européen convaincu.

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Mathieu COLLET
30 mars 2009
18:29
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Cher Olivier, il est clair que le cas Lamassoure est également scandaleux, au même titre. Pour ce qui est du savoir faire européen de Gilles Savary, en particulier dans les transports, je ne vais pas me prononcer à sa place, mais je crois qu’il n’y a pas trop d’inquiétude à avoir là-dessus pour l’avenir...

Fercel
30 mars 2009
18:37
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

ça illustre la nullité de la perception de Bruxelles par les partis politiques français. On vire les bosseurs, on garde les glandeurs (Peillon, Hamon, etc.), et on envoie des bras cassés ou des loosers au Parlement européen, considéré en France comme un purgatoire : résultat, la France se fait entuber sur presque tous les sujets et s’en étonne.

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Jean-Louis
31 mars 2009
11:13
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Ce qui est terrible en politique, comme dans toutes les relations sociales, c’est qu’après une éviction, le soupçon se porte sur l’évincé et non sur l’évinceur. L’ambitieux n’est pas celui qui écarte, c’est l’écarté. Celui qui met ses intérêts personnels en avant n’est bizarrement jamais le vainqueur.

Enfin le principe de devoir être « beau joueur » vient masquer un acte politique grave : négociations en coulisses, salles préparées, mise devant le fait accompli.

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Etienne
31 mars 2009
11:38
www.alahune.fr
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Le départ de G Savary est sans nulle doute une grande perte pour le PSE, pour le PSE et pour l’Europe. Et effectivement il faudrait être de mauvaise foi ou une conception bien particulière de la politique pour ne pas le regretter. Mais dans cette histoire, il me semble qu’un amalgame est fait entre les partis politique en général, un parti politique en particulier, et le fonctionnement d’un courant. Je ne dis pas que le fonctionnement et les méthode du PS de façon générale son parfaites dans cette histoire. Mais la direction nationale doit composer avec plusieurs contraintes, et notamment composer des listes représentant la diversité des sensibilités du Parti. Donc des candidats des différentes motion. Ce qui est sain, dans l’absolue. Comme il est d’usage, des places sont donc « réservées » pour chaque motion, mais ce sont les motions qui décident des personnes à mettre sur ces places. De la même façon que lorsqu’une liste de gauche est faites avec des partenaires lors des municipales, on leur donne certaines places, mais ce sont à ces aprtis de choisir qui ils y mettront. Donc dans cette affaire, les responsabilités sont très loin d’être égales entre ce que fais la direction et les multiples critères avec lesquels elle doit jongler, et en particulier le respect des courants, et ce qui se passe en interne au sein d’un courant. Et dans sa description factuelle, malgré des amalgames qui sont faits par ailleurs, cet article le décrit assez bien : c’est la motion E qui a lâché (lynché ?) G Savary, avec des méthodes et des calculs particulièrement douteux... Quand on pense que c’est ce même courant qui nous a joué la chansonnette de la rénovation pendant tout le Congrès... Ne mélangeons donc pas tout, et mettre tout le monde au même niveau serait diluer la responsabilité de ceux qui en ont le plus dans cette sinistre farce.

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Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

Bonjour à tous, l’article de Matthieu est très fort et plein de sang encore un peu chaud. Il n’y a qu’une chose à faire à propos de cette mascarade : la déplorer, identifier les mécanismes de l’ypocrisie du parti que peut être le PS et mettre en évidence ces mécanismes, ce que fait bien cet article. Encore une fois, la qualité et le travail sérieux font mauvais ménage avec la politique. Pour ma part, j’avais écrit un article, un peu plus historique sur les difficultés du PS au niveau européen, sur le site des cousins lillois des Euros :

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maurice
31 mai 2009
19:53
Les dessous édifiants de l’éviction de Gilles Savary

il est innommable de faire campagne sur « sauver le service public » et éliminer celui qui a le plus résisté à la poussée libérale. je suis loins de partager les objectifs de la directive service, les compromis des socialistes qui frisent la compromission, on sauve la SNCf et le transport régional reste exclus mais on lache les transports urbains ! mais resisterà tout cela àvec réalisme necessite d’avoir des députés qui pensent d’abord à leur mandat et pas à leur position au PS . on sait ce que penser de l’UMP quand on voit comment les participations publiques sont offertes au privé, on regrette que il n’y ait aucune oppposition à Paris et des magouilles pour donner des postes à bruxelles . quel choix avons nous ?

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Benjamin
14 juin 2009
12:25
Royal formidable

Ce qui est exceptionnel, c’est que Royal ait conseillé à Lamassoure de constituer une contre-liste - et donc d’encourager les divisions ! Ce qui démontre bien quelle influence positive elle a au sein du PS...

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Auteurs

Mathieu COLLET

Président, Directeur du projet

Fondateur d’Euros du Village, Mathieu dirige actuellement le projet. Il est également consultant pour un cabinet de conseil en stratégie d’information à Paris. Diplômé de Sciences Po Grenoble, d’un DEA de Sciences Politiques, et d’un Master d’études (...)
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