Sabine Laruelle
Née en 1965 en Wallonie, Sabine Laruelle, a une formation d’ingénieur agronome. Elle commence son parcours public en s’engageant dans le syndicalisme agricole, arrivant jusqu’à la tête de l’Alliance Agricole Belge, qui deviendra sous sa houlette la Fédération Wallonne de l’Agriculture, laquelle est toujours aujourd’hui le principal syndicat agricole du Sud de la Belgique. Elue députée en 2003, elle est directement nommée ministre en charge de l’Agriculture, des PME et des Indépendants dans le gouvernement Verhofstadt II. Malgré l’instabilité gouvernementale qui caractérise le pays depuis 2007, elle a occupé ces fonctions ministérielles sans interruption depuis cette première nomination, auxquelles se sont ajoutées les affaires économiques de 2007 à 2008 et la politique scientifique depuis 2007. A l’occasion des élections du 13 juin, elle est candidate à la Chambre des députés pour le Mouvement Réformateur, dont le thème central de campagne est de « garantir le respect de la dignité des francophones ».
PME, indépendants, agriculture et politique scientifique ? Effectivement, tel est ce singulier portefeuille, symbolique des particularités du fédéralisme à la belge et dont la responsable s’en trouve bien placée pour parler de la complexité institutionnelle du royaume.
Rendre les institutions belges plus cohérentes et plus transparentes, c’est justement l’un des objectifs principaux du Mouvement Réformateur (MR), le parti francophone de centre-droit auquel la ministre appartient. Mais au-delà d’une redistribution des compétences plus rationnelle, c’est en faveur d’une réforme en profondeur du système politique et électoral que Sabine Laruelle se prononce au nom de son parti, une idée qui semble d’ailleurs faire de plus en plus son trou dans le débat politique. Il s’agirait notamment d’instaurer une circonscription électorale fédérale, afin de permettre aux citoyens flamands et francophones de voter pour des listes communes et ainsi de décloisonner un débat politique aujourd’hui enfermé dans deux communautés linguistiques distinctes et largement imperméables l’une à l’autre. Autre proposition défendue par Sabine Laruelle, l’instauration d’un mode de scrutin à deux tours qui permette aux électeurs de s’exprimer plus clairement sur les coalitions partisanes qu’ils souhaiteraient voir émerger...une idée qui semble louable tant il est difficile de former des gouvernements d’orientation politique claire en Belgique.
Pourtant, alors que le parti séparatiste de la NVA semble proche de terminer à la première place en Flandre, et pourrait donc se voir confier la charge de former un gouvernement, et que la Wallonie s’apprête elle à voter à gauche, on peut douter de l’efficacité des incantations à l’organisation d’une « grande concertation nationale » pour résoudre les problèmes communautaires du pays, symbolisés par la question de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Halle-Vilvoorde. Il ne serait pas si surprenant que la Présidence Belge de l’Union européenne, qui commencera au 1er juillet, soit menée dans son intégralité par un gouvernement d’affaires courantes.
Quel sera justement l’impact de la situation politique du pays sur la Présidence belge ? Elle sera minime, nous répond Sabine Laruelle, qui insiste sur la longue préparation qui a précédé cet événement, mais aussi sur la transposition des vertus du « compromis à la belge » au niveau européen. Un voeu pieux ?


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