Enfin, ça y’est, le champagne peut péter : Après que la Cour constitutionnelle a une nouvelle fois considéré que le Traité de Lisbonne était en accord avec la Constitution du pays, le président Vaclav Klaus, privé de ses derniers arguments et acculé de toute part, a ratifié le traité, qui entrera donc en vigueur le 1er décembre. Au-delà des ses conséquences pratiques immédiates, comme la création du nouveau poste de Président du Conseil européen, d’un Service d’Action Extérieure de l’Union, de nouvelles procédures de participation citoyennes ou la généralisation de la codécision entre le Conseil et le Parlement européen, l’entrée en vigueur du Traité vient surtout clore un psychodrame dont on a du mal à mesurer l’ampleur, un long chapitre de l’histoire de l’intégration européenne : celle d’une réforme institutionnelle qui permette à la fois d’assurer une Union plus démocratique, plus efficace, capable d’intégrer un grand nombre de nouveaux membres ainsi que des politiques qui n’ont plus rien à voir avec la logique purement économique des débuts. Rappelons-nous : Négocié durant l’été 2007 et signé en décembre de cette année-là, il aura fallu 2 ans pour que Lisbonne puisse entrer en vigueur. Mais ce traité vint après le traité Constitutionnel mort-né, signé en 2004, qui lui-même devait remplacer le traité de Nice signé en 2000, qui lui-même avait poursuivi les avancées du Traité d’Amsterdam signé en 1997, qui lui-même avait pour fondation la poursuite du Traité de Maastricht, signé en 1991. On peut donc estimer que c’est un cycle de près de 20 ans qui s’achève dans le Traité de Lisbonne, traité certes imparfait mais qui représente toutefois une réelle amélioration par-rapport à la situation actuelle. C’est aussi, pour l’Europe, la fin de l’excuse des institutions qu’elle pouvait avancer face à la critique d’une action pas toujours très efficace. Bref, c’est pour l’UE la fin d’un cycle, mais aussi un nouveau départ. Espérons qu’il soit pour le meilleur.
Voir notre « dossier spécial Traité de Lisbonne »
(Photo : Bertelsmann Stiftung, flickr.com)










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