C’est en tout cas l’espoir né de la signature, samedi 10 octobre en Suisse, de l’accord de normalisation des relations entre les deux voisins du Caucase Sud. Même s’il est évident que le dépassement de décennies de haine réciproque, nourrie par le souvenir du génocide de 1915 du côté arménien et par l’occupation arménienne de la région azerbaïdjanaise du Haut-Karabagh du côté turc, nécessitera bien plus de temps et d’effort qu’une signature sur un morceau de papier, ce premier rapprochement, négocié sous l’égide des Etats-Unis, n’en reste pas moins historique : il pourrait en effet initier une phase de stabilisation de la région du Caucase, cruciale de part sa situation au croisement des zones d’influence russe, iranienne et européenne, ainsi que constituer un point important dans les négociations d’adhésion entre la Turquie et l’Union européenne. L’accord porte principalement sur le rétablissement de relations diplomatiques ainsi que la réouverture des frontières, fermées depuis l’occupation du Haut-Karabagh par l’Arménie en 1993. Ce dernier point pourrait avoir des conséquences géopolitiques importantes, puisqu’en entraînant l’ouverture d’une seconde route à travers le Caucase, il tend à marginaliser la Géorgie, alors point de passage obligé. Ceci vaut en particulier pour l’approvisionnement énergétique, à l’image du projet de gazoduc « Nabucco », qui pourrait être réorienté vers l’Arménie.
Voir nos « pages spéciales ancien espace soviétique »
(Photo : Service audiovisuel de la Commission européenne)










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